De 1801 jusqu’en 1884 les trois premiers présidents de la Société d’encouragement pour  l’industrie nationale sont de grands  chimistes à même d’apprécier la valeur des travaux de Vicat.

Jean-Antoine Chaptal, comte de Chanteloup  (1756-1832)
Louis Thenard, Baron (1777-1857)
Jean-Baptiste Dumas (1800-1884)

Pour soutenir les inventeurs et les innovations

Sous le présidence de J.A. Chaptal, la Société d’encouragement, lancera à partir de 1802,  de nombreux concours, souvent fortement dotés, sur des fabrications de produits ou l’introduction de procédés nouveaux.

Le Conseil d’administration de la Société comprend alors 12 académiciens, dont les mécaniciens Ampère, Bréguet, Molard, Poisson, ainsi que les chimistes Chaptal, Berthollet, Gay-Lussac, Thenard et Vauquelin, et trois membres influents du Conseil des Ponts et Chaussées : Tarbé de Vauxclair, Gratien-Lepère et Prony.

Les récompenses attribuées à Louis Vicat sont données à la fois au savant,  qui effectue des recherches théoriques, et à l’ingénieur, qui cherche à mettre au point des normes qui permettront de fournir un produit garanti qui donnera le jour à une branche prometteuse du génie civil.

Louis Vicat aidera son fils Joseph à créer l’usine de Genevrey-de-Vif. Ce sera le début d’une entreprise qui n’a cessé de se développer jusqu’à nos jours, dans une tradition familiale ininterrompue depuis sept générations.

  Jean-Antoine CHAPTAL (comte de Chanteloup)   (1756-1832)

Chaptal

Elu 1er président de la Société d’Encouragement lors de sa fondation en 1801, il le reste jusqu’à sa mort en 1832.

Docteur en médecine de la Faculté de Montpellier, Jean-Antoine Chaptal se forme à la chimie à Paris. En 1780 Il ouvre à Montpellier un cours de chimie. Dès 1782 il se lance dans l’aventure industrielle comme fabricant de produits chimiques. Il imagine ou améliore de nombreux procédés industriels, dont la fabrication de l’alun, le blanchiment du coton, la vinification et le sucrage des vendanges avec son procédé dit de chaptalisation.

Nommé par Bonaparte ministre de l’Intérieur en novembre 1800 J.A. Chaptal réorganise et  réforme de nombreux établissements publics.

Louis-Joseph Vicat sera récompensé une première fois en 1823 lors du concours sur  les « pierres artificielles » Le rapporteur Léonor Mérimée fait, lors de la séance générale du 29 octobre, devant le comité des arts économiques, un rapport favorable et conclut en demandant l’octroi à Vicat d’une « grande médaille », en fait la médaille d’or de la Société, d’une valeur de 500 f.-or, qui est sa récompense suprême.

Louis Thenard, Baron  (1777-1857)

Thénard

Second  Président de la Société d’encouragement de 1832 à 1845

Formé à l’école de Nicolas Vauquelin, il effectue une brillante carrière comme professeur et chercheur dans les grandes institutions scientifiques (Collège de France, Ecole Polytechnique, Faculté des Sciences de Paris).

A partir de 1813 Son Traité de chimie élémentaire théorique et pratique publié connaît un grand succès national et international.

En  1824 il est élevé au titre de baron, à partir de 1827 il est  député.  Il accède à de hautes fonctions au ministère de l’Instruction publique à la suite de l’avènement de Louis-Philippe, qui lui apporte un soutien personnel. Il nommé pair de France en 1831.

Il favorise l’innovation en multipliant les concours. Il a, par trois fois, été nommé président du Jury des expositions industrielles nationales, en 1834, 1839 et 1844.

Son appui à Vicat s’est exprimé à la Chambre des Pairs en 1845 pour lui accorder une pension nationale.

Jean-Baptiste DUMAS (1800-1884)

Dumas

Troisième président de la SEIN de 1845 à 1884

Jean-Baptiste Dumas incarne au plus haut point, au 19e siècle, l’alliance de la science et du pouvoir, à travers le prestige social de la chimie en tant que science porteuse d’applications utiles. Professeur de chimie à la Faculté des Sciences, à celle de Médecine de Paris, à l’Ecole Polytechnique, et au Collège de France, il fut aussi député puis ministre en 1849. Sénateur à vie, Secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, il était aussi membre de toutes les Académies européennes.

Troisième président de la Société d’Encouragement de 1845 à 1884, il en complète les fonctions en prenant des initiatives sur le terrain social, par la création de nouvelles associations pour la protection des apprentis, et contre les accidents du travail.

De nombreuses lettres témoignent des relations suivies de J.B. Dumas avec Louis Vicat. Ces échanges inciteront le président de la SEIN à lancer un nouveau concours avec trois prix distincts sur la résistance des ciments hydrauliques à l’eau de mer.

 

 

 

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